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"Le désir du créateur, comme je l’ai dit un jour, ne peut être satisfait que par sa création. Jamais par la vie, qui exige tellement de compromis, d’à-peu-près, de limitations pour être heureux. […] En rentrant chez moi à pied, je pensais: dans mon livre je peux décréter ce que je veux, fixer les règles, je peux marcher rire, crier, commettre des actes de violence, tuer. Je suis créatrice et reine. Assouvir tous ses désirs dans la vie serait mortel. Tous les créateurs sont malheureux dans la vie. Tous les créateurs sont absolus. Sont fatigués de lutter contre toutes les limites de la vie. L’art, lui, est sans limites.
Je crois que cette idée n’est pas de moi, mais de Rank."
Commentaire d’Oriane (feutre noir pointe fine): cette idée n’est pas de Rank… c’est une banalité de la conception de l’artiste malheureux, une conception «thérapeutique» de l’art, l’art brut, l’art thérapie, etc… De plus l’art aussi exige beaucoup de compromis ne serait-ce que pour qu’il puisse être présenté au public. L’art absolu, s’il existe, est un art inconnu, un art qui suivrait sa route sans se soucier des moyens de médiatisation, de diffusion, etc… Je ne connais par définition que de l’art qui se compromet. C’est peut-être pour cela que je ne cherche pas à être publiée.
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